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La délégation PMH à Yad Vashem (26-30 novembre 2011)
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Rencontre (à Yad Vashem, Jérusalem) de Madame Irena Steinfeldt
et de M. le Professeur Lucien Lazare (Jérusalem).
Logo de Yad Vashem
Le 28 novembre, dans l’immeuble de l’administration et de la Recherche (Yad Vashem), la délégation de PMH, accompagnée par M. Edmond Mizrahi, a été reçue par Mme Irena Steinfeldt, chargée des dossiers de reconnaissance de Justes en pays francophones. Le rendez-vous avait été pris 7 semaines à l’avance. L’arrivée de notre délégation a été remarquablement préparée par Yad Vashem France (notre ami Robert Mizrahi) et par l’association Israël Échanges Rhône-Alpes, représentée par Émile Azoulay (Lyon), très connue à Jérusalem.
Nous avons présenté le Pays de Dieulefit, son rôle dans l’accueil et le sauvetage des adultes et enfants juifs durant les années noires. Puis, nous avons rendu compte de nos travaux et remis à Mme Steinfeldt le livre sur L’Autre Résistance, des témoignages de Juifs sauvés (traduits en anglais), une étude analytique sur les mécanismes de sauvetage dans le Pays de Dieulefit.
           Enfin, nous avons posé la question : avons-nous une chance d’aboutir si nous présentons une demande de reconnaissance du Pays de Dieulefit comme Pays de Justes ?
            La rĂ©ponse a Ă©tĂ© ferme et catĂ©gorique : aucune chance, car la loi de 1953 (sur les Justes, adoptĂ©e par la Knesset) interdit absolument qu’une mĂ©daille soit accordĂ©e Ă une collectivitĂ© ou un territoire. Qui pourrait assurer que sur un territoire donnĂ© ne se trouvait aucun bourreau ou collaborateur ? Sommes–nous certains que les « sauveteurs » ont vraiment eu l’intention de sauver des Juifs ? Savaient-ils qu’ils avaient Ă faire Ă des Juifs ? Ne confondons-nous pas « sauvetage » rĂ©el (avec des risques avĂ©rĂ©s) et bon voisinage ?  Mme Steinfeldt fait remarquer qu'en France, Ă la diffĂ©rence de la Pologne et du IIIe Reich, les non-Juifs qui accueillent des Juifs, mĂŞme clandestins, n'encourent pas la peine de mort, ni de la part de Vichy, ni de la part de l'Occupant.
Mme Steinfeldt, comme nous lui posions la question du Chambon (pourquoi eux et pas d’autres ??) tint à faire une mise au point ferme et précise :
         -il n’y a pas eu de distinction « collective » comme on le croit trop souvent ;
           -le Chambon n’a jamais reçu de titre de « village Juste Parmi les Nations »Â mais, seulement, un parchemin qui, tout en ayant un statut symbolique et exprimant de la gratitude, ne constitue pas un titre comparable Ă celui qu’ont reçu les 9  « Justes » de Dieulefit, par exemple, ou les Justes du Chambon Ă titre individuel, puisque ce sont des personnes physiques.
     Au bout de 45 minutes d’entretien, Mme Steinfeldt nous a conseillé de rencontrer Lucien Lazare, membre (conseiller  historique) de la Commission pour la désignation des Justes des Nations (le professeur Lazare a notamment publié : L’abbé Glasberg (1990), Le livre des Justes (1993) et le Dictionnaire des Justes de France (2003, avec Yad Vashem). Mme Steinfeldt nous a exhortés à tenir Yad Vashem au courant  de nos travaux à venir et à la tenir informée.
           Lucien Lazare nous a reçus le lendemain, 29 novembre, Ă son domicile privĂ©. Il s’est montrĂ© très bienveillant et encourageant après nous avoir Ă©coutĂ©s. Il n’a pas remis en cause, naturellement, la position exprimĂ©e par Mme Steinfeldt. Il a mĂŞme insistĂ© sur le fait que les critères de reconnaissance de Justes s’étaient beaucoup « durcis » depuis 10 ans. Et qu’il l’approuvait.
           Mais il nous a Ă©galement montrĂ© qu’il avait gardĂ© une extraordinaire mĂ©moire des 7 dossiers de Justes instruits par lui Ă Dieulefit. Il connaĂ®t le Pays de Dieulefit d’une façon approfondie et subtile. Il a insistĂ© sur le fait que pour lui, la situation et les caractères du Pays le distinguent du Chambon s/Lignon. Il a insistĂ© aussi sur le caractère « dĂ©rogatoire » de la dĂ©claration de reconnaissance accordĂ©e "aux habitants du Chambon-sur-Lignon et des communes voisines qui se sont  portĂ©s Ă l'aide des Juifs", mais qui n'est pas un diplĂ´me de "Juste" ayant valeur collective.
           Il a voulu ensuite nous encourager à poursuivre notre tâche historique avec rigueur et ténacité (tout vérifier….recouper, se défier des exagérations).
     Plus précisément, voici comment il voit la suite de notre travail collectif :
-rassembler des témoignages de Juifs sauvés,
-quand nous aurons recueilli ce qu’il est possible aujourd’hui (malgré le temps écoulé) de recueillir, en informer Yad Vashem (par son intermédiaire),
-puis demander aux Juif sauvés d’approuver un texte collectif de reconnaissance au Pays de Dieulefit,
-enfin, avec leur accord et soutien, ériger un mémorial en l’honneur des Justes du Pays en s’appuyant sur la loi française de mars 2000.
           L. Lazare a conclu en insistant sur les spécificités dieulefitoises : situation mixte sur le plan religieux, diversité politique, humanisme rural, importance extrême du réseau scolaire et du réseau des mouvements de jeunesse dans le sauvetage, dissémination du sauvetage dans la population rurale. Il a conclu l’entretien en nous invitant à rester en contact avec lui et à l’informer des progrès de notre travail (notamment du Recueil des Lieux narratifs).
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